Dîner au Cinéma : Quand le Septième Art Passe à Table
Le cinéma et la gastronomie, un mariage aussi savoureux que surprenant. Aujourd’hui, on met les pieds sous la table pour explorer un film qui porte bien son nom : « Dinner in America » et, tant qu’à faire, on va s’intéresser aux dîners (les restaurants, pas l’heure du repas, suivez un peu) et à leur rôle au cinéma. Accrochez vos ceintures, ça va saucer !
« Dinner in America » : Ode Punk Rock aux Dîners et à l’Aliénation
Sorti en 2020, « Dinner in America » n’est pas un documentaire animalier sur les habitudes alimentaires des Américains, mais plutôt une comédie noire, une romance punk-rock comme on n’en fait plus… ou presque. Réalisé et écrit par Adam Rehmeier, ce film nous plonge dans le quotidien morose de Patty (Emily Skeggs), une jeune femme de 20 ans coincée dans la banlieue américaine, enchaînant les boulots ingrats et subissant les affres de sa famille.
Sa vie bascule lorsqu’elle croise le chemin de Simon (Kyle Gallner), un punk rock au tempérament… disons, explosif. Ensemble, ils vont former un duo improbable et chaotique, une romance à la sauce nitroglycérine sur fond de musique énergique et de diners typiquement américains.
Où ça se passe ? L’Amérique profonde ? Presque. Le film a été tourné en 2018 dans le coin de Detroit, Michigan, notamment à Detroit même, mais aussi à Southfield, Farmington, Hamtramck et même sur le campus de l’Université Oakland. On est loin des paillettes d’Hollywood, mais c’est ça qui fait le charme, non ?
C’est bien alors, ce film ? Plutôt oui, à en croire les critiques. « Dinner in America » est généralement considéré comme un film réussi et original. On salue son intrigue captivante, ses personnages réalistes et son histoire d’amour atypique. Certains critiques n’hésitent pas à le comparer à « SLC Punk » pour son côté subversif, ou encore à « Napoleon Dynamite », mais avec un supplément de décibels et d’intensité. C’est dire !
Et la fin ? Raconte ! Pas de panique, pas de spoiler majeur ici. Disons juste que la fin est à l’image du film : douce-amère et pleine de promesses. Patty, après un périple mouvementé en bus, finit par mettre le masque de ski de Simon sur sa tête (oui, oui, un masque de ski, vous comprendrez en regardant le film) et écoute leur chanson, « Watermelon », à fond dans ses écouteurs, esquissant quelques pas de danse. Fin ouverte, mais pleine d’espoir, comme quoi, même dans le chaos, l’amour et la musique peuvent triompher.
Thèmes à la carte : « Dinner in America » aborde des sujets universels comme l’aliénation, la difficulté à trouver sa place et l’expression de soi. Mais le film met aussi en lumière le rôle crucial des dîners dans la culture américaine. Ces scènes de repas, souvent dans des dîners, révèlent les attentes culturelles et les dynamiques familiales. C’est plus qu’un simple décor, c’est un véritable personnage à part entière.
Patty, un personnage… particulier ? Certains spectateurs se sont interrogés sur le personnage de Patty, se demandant si elle ne serait pas autiste ou atteinte d’une autre condition neurologique. Le film ne le dit pas explicitement, mais il est clair que Patty est différente, qu’elle évolue en marge des normes sociales. C’est peut-être aussi pour ça qu’on s’attache à elle.
Les Dîners : Plus Que de Simples Restaurants, des Institutions Culturelles
Parlons-en justement, de ces fameux « diners ». Qu’est-ce que c’est au juste ? Un diner, c’est bien plus qu’un simple restaurant. C’est un lieu de vie, un symbole de l’Amérique, avec ses banquettes en skaï rouge, son comptoir en Formica, ses serveuses en uniforme et son menu gargantuesque. Ouvert souvent 24h/24, le diner est un refuge pour les noctambules, les travailleurs matinaux, les âmes solitaires et les bandes d’amis.
Où les trouve-t-on ? Si le diner indépendant se fait plus rare un peu partout aux États-Unis, il reste encore bien ancré dans certaines régions comme le New Jersey, New York, la Nouvelle-Angleterre, le Delaware et la Pennsylvanie. Un petit coin d’Amérique authentique qui perdure.
Le diner à l’écran : Au cinéma, le diner est un décor de choix, un symbole fort de la culture américaine. Plus qu’un simple lieu où l’on mange, il devient un espace où se révèlent les dynamiques familiales et culturelles. Les réalisateurs l’ont bien compris et n’hésitent pas à mettre en scène des scènes cruciales dans ces établissements.
Des dîners cultes au cinéma : Les exemples ne manquent pas. On pense évidemment au film sobrement intitulé « Diner » (1982) de Barry Levinson, qui suit une bande de copains à Baltimore en 1959. Mais aussi à « Pulp Fiction » de Quentin Tarantino, avec son diner devenu iconique. Plus récemment, « The Menu » (2022) se déroule en grande partie dans un restaurant gastronomique, mais l’ambiance « diner » à huis clos n’est jamais loin. Et pour les amateurs de thrillers, « The Killing Jar » (2010) utilise également un diner comme décor oppressant.
Dîners de légende (même si fictifs) : Dans le monde de la fiction, certains dîners sont devenus plus célèbres que d’autres. Le « Tom’s Restaurant » à New York, par exemple, est connu dans le monde entier pour avoir servi de façade au « Monk’s Cafe » dans la série « Seinfeld ». Et les fans d' »Andy Griffith Show » reconnaîtront sans doute le « Snappy Lunch », autre diner télévisuel mythique.
Hommage aux Autres « Dîners » Cinématographiques… et Plus Si Affinités
Le mot « diner » inspire décidément le cinéma. Petit tour d’horizon non exhaustif de quelques films et personnalités qui gravitent autour de ce thème, de près ou de loin.
« Diner » (1982) : Retour sur le film de Barry Levinson, qui se déroule à Baltimore en 1959. On suit une bande de jeunes adultes à la veille de grands changements dans leur vie. Le film explore avec nostalgie le passage à l’âge adulte. Anecdote musicale : Tim Daly, l’un des acteurs, joue du piano dans une scène mémorable, sur un morceau instrumental dont on ignore le nom. La fin du film est tout aussi marquante : lors d’un mariage, Elyse, dont on ne voit jamais le visage, lance son bouquet… qui atterrit sur la table des amis. La boucle est bouclée.
« Dinner for Schmucks » : Comédie américaine de 2010 avec Paul Rudd et Steve Carell. Paul Rudd, que l’on retrouve ici, interprète Tim, un cadre ambitieux. Le film est tiré d’une comédie française, « Le Dîner de Cons ».
« The Dinner » (2017) : Thriller psychologique américain réalisé par Oren Moverman, avec Richard Gere et Laura Linney. Le tournage a eu lieu à Dobbs Ferry, dans l’État de New York. La fin du film est pour le moins abrupte : Paul, un des personnages, traite tout le monde de « singes avec des téléphones » et pousse un cri de douleur au moment où Katelyn parvient à joindre Beau au téléphone. Ambiance…
Autres mentions spéciales :
- « The American » (2010) : Thriller avec George Clooney, tourné en Italie, notamment dans la région des Abruzzes, et en Suède. Pas de dîner au sens propre, mais des ambiances feutrées et des paysages magnifiques.
- « Boiling Point » (2021) : Film britannique bluffant, tourné en un seul plan séquence et se déroulant intégralement dans un restaurant. Immersion totale dans le stress et la tension des cuisines.
- « Catch Me If You Can » : Film de Steven Spielberg (2002) avec Leonardo DiCaprio et Tom Hanks. Comédie policière inspirée d’une histoire vraie. Bien qu’il ne se passe pas uniquement dans un diner, le film évoque une certaine Amérique des sixties, celle des diners et des rêves de grandeur.
- Guy Fieri : Restaurateur et animateur télé américain, figure emblématique de la « diner culture » moderne. Avec sa coupe de cheveux peroxydée et son style flamboyant, il incarne une certaine idée de la gourmandise décomplexée à l’américaine.
Digressions Savoureuses : Pour la Culture Générale (et les Conversations de Dîner)
Quelques infos en vrac, pour briller en société ou simplement satisfaire votre curiosité.
- Benoît, Bénédicte : Si Benedict se traduit en français par Benoît au masculin, l’équivalent féminin est Bénédicte. Un nom qui vient du latin « benedictus », qui signifie « béni ». Tout un programme.
- L’heure du dîner : Pour la plupart des gens, l’heure du dîner se situe entre 17h et 20h. De quoi vous donner faim, non ?
- Tim Daly et Téa Leoni : Les acteurs Tim Daly et Téa Leoni sont en couple depuis 2014. Ils se sont rencontrés sur le tournage de la série « Madam Secretary », où ils incarnaient un couple marié à l’écran. La fiction dépasse parfois la réalité… ou la rejoint.
- Paul Rudd et Steve Carell : Les deux acteurs sont amis dans la vie et partagent de nombreux centres d’intérêt. La preuve, ils ont même tourné une vidéo ensemble pour apprendre à faire un « cocktail de l’amitié ». À consommer avec modération, l’amitié, comme les cocktails.
- Nourriture de station-service : Question existentielle : la nourriture vendue dans les stations-service, est-ce de la restauration rapide ? La réponse est : généralement non. Même si certaines stations proposent des plats préparés, la « fast food » se caractérise par une production de masse, une préparation rapide et une vente commerciale à grande échelle. Nuance.
Voilà, on a fait le tour du « diner » au cinéma et dans tous ses états. De « Dinner in America » aux dîners en tant qu’institutions culturelles, en passant par d’autres films marquants et quelques anecdotes croustillantes, on espère que ce menu ciné-gastronomique vous a ouvert l’appétit. Bon appétit… et bon film !