Pourquoi l’appelle-t-on sauce béchamel ? L’histoire savoureuse derrière ce nom emblématique
Ah, la béchamel! Cette sauce blanche onctueuse, pilier de tant de plats réconfortants. Mais au fait, pourquoi diable l’appelle-t-on béchamel ? C’est une excellente question, et la réponse, ma foi, est plus croustillante qu’une croûte de gratin dauphinois!
Accrochez-vous bien à vos louches, car l’histoire est savoureuse. Figurez-vous qu’on doit ce nom prestigieux à un certain Louis de Béchamel. Non, il n’était pas cuisinier, enfin, pas à titre professionnel. Ce monsieur, dans la France opulente de Louis XIV, était ni plus ni moins que le maître d’hôtel du Roi Soleil lui-même! Imaginez un peu le tableau : Versailles, les dorures, les perruques poudrées, et notre Louis, supervisant les festins royaux. Un poste à responsabilité, disons-le.
Maintenant, attention, car l’histoire se corse un peu, comme une bonne béchamel qui épaissit juste ce qu’il faut. Il semblerait que cette sauce blanche, à base de lait et épaissie avec un roux (ce mélange magique de beurre et de farine), n’ait pas été inventée par Monsieur de Béchamel en personne. Oh là là, le scandale! Alors, usurpation de titre culinaire ? Pas tout à fait. En fait, la béchamel, ou plutôt son ancêtre, traînait déjà dans les casseroles italiennes depuis la Renaissance. Nos amis transalpins l’appelaient alors « salsa colla », ce qui signifie littéralement « sauce colle ». Charmant, n’est-ce pas ? Moins glamour que « béchamel », soyons honnêtes.
Alors, comment sommes-nous passés de la « sauce colle » italienne à la prestigieuse béchamel française ? C’est là qu’entre en scène « Le Cuisinier François », un livre de cuisine publié en 1651. Un ouvrage considéré comme un véritable pilier de la gastronomie française, un peu comme la Tour Eiffel pour Paris, mais en comestible. Et c’est dans ce livre que notre « salsa colla » a été rebaptisée « béchamel ». Pourquoi ce changement de nom ? Mystère et boule de gomme, ou plutôt, mystère et louche de béchamel !
L’hypothèse la plus plausible, et aussi la plus amusante, est que l’auteur du « Cuisinier François », un certain François Pierre de La Varenne, ait tout simplement voulu flatter son contemporain, Louis de Béchamel. Un petit coup de lèche-frite, si vous me permettez l’expression. Imaginez La Varenne se disant : « Tiens, cette sauce blanche est délicieuse, mais un peu tristoune sous le nom de ‘sauce colle’. Si je la rebaptisais ‘béchamel’, en l’honneur du grand maître d’hôtel, ça aurait tout de suite plus de panache ! » Et hop, ni vu ni connu, la « salsa colla » est devenue la béchamel, entrant ainsi dans la légende culinaire.
Alors, Louis de Béchamel, inventeur de la béchamel ? Probablement pas. Mais formidable « marketeur » avant l’heure ? Absolument ! Grâce à lui, cette sauce, qui n’était au départ qu’une simple « glue culinaire » italienne, est devenue un symbole de l’élégance et du raffinement à la française. Un peu comme si, du jour au lendemain, votre vieille 2CV était rebaptisée « Rolls-Royce populaire ». Un coup de génie marketing, je vous dis !
Pour résumer, la béchamel, ce n’est pas juste une sauce blanche. C’est un peu un symbole de la cuisine française, un clin d’œil à l’histoire, et surtout, une preuve que parfois, un bon nom, ça change tout ! Alors, la prochaine fois que vous napperez vos lasagnes ou votre croque-monsieur de béchamel, ayez une petite pensée pour Louis de Béchamel, ce maître d’hôtel astucieux, qui a su donner son nom à l’une des sauces les plus aimées au monde. Et n’oubliez pas, si un jour on vous propose de la « salsa colla », dites non merci, et exigez de la vraie béchamel. Votre palais, et l’histoire, vous remercieront.
Et maintenant, si vous me permettez, j’ai une envie soudaine de gratin dauphinois… avec beaucoup de béchamel, bien sûr ! À la vôtre !