Platt : Un mot, mille et une vies (et pas que des plates-formes pétrolières)
Alors, parlons de « Platt ». Non, pas la plate-forme pétrolière (on y arrivera), mais de ce mot étrange qui semble surgir de nulle part avec des significations plus variées qu’un buffet à volonté. Accrochez-vous, parce qu’on va explorer les multiples personnalités de « Platt », de ses origines poussiéreuses à son rôle crucial dans le monde du pétrole, en passant par des imbroglios politiques dignes d’une série dramatique.
I. D’où vient ce « Platt » ? Étymologie et Définitions
Commençons par le commencement : l’étymologie. Figurez-vous que « Platt » est un mot avec un pedigree plutôt international. Il dérive du vieil anglais « plat », signifiant plat ou de niveau. Logique, non ? Mais attendez, ce n’est pas tout. Il emprunte aussi au germanique, venant du bas-allemand « Plattdeutsch ». Et si on remonte encore, on trouve ses racines dans le latin vulgaire « plattus », lui-même issu du grec ancien « πλατύς » (platús), qui veut dire… roulement de tambour… plat ! On dirait bien que l’idée de platitude est au cœur de ce mot, peu importe la langue. C’est platement fascinant, vous ne trouvez pas ?
Mais alors, qu’est-ce que ça veut dire concrètement, « Platt » ? Eh bien, ça dépend du contexte, évidemment. Petit tour d’horizon des définitions :
- Platt (désuet): Ancienne orthographe de « plat » en anglais, signifiant « schéma, plan, dessin, carte ». Un peu comme un brouillon, quoi.
- Platt (géographie): Une petite parcelle de terrain, un lot, un quadrilatère. Imaginez un jardin potager bien ordonné.
- Platt (cartographie): Un plan, une carte d’un terrain avec les caractéristiques existantes ou projetées. En gros, le plan cadastral de votre rêve (ou de votre cauchemar, selon votre voisin).
- Platt (linguistique): Le bas-allemand, aussi appelé « Plattdeutsch ». Une langue à part entière, parlée dans le nord de l’Allemagne.
Et pour l’anecdote, « Platt » est aussi un nom de famille anglais (surtout dans le Yorkshire et le Derbyshire) et une version américanisée du nom allemand « Platz ». Ah, et c’est aussi un prénom de garçon d’origine française. Décidément, ce « Platt » est partout !
II. Platts (S&P Global Commodity Insights) : Le « Platt » qui fait trembler les marchés
Oubliez les plates-formes pétrolières physiques, on parle ici de l’information qui fait tourner le monde de l’énergie et des métaux. Platts (avec un « s », pour faire chic) est une division de S&P Global Commodity Insights, et c’est LE fournisseur mondial d’informations dans ce secteur. Leur mission ? La transparence et l’efficacité du marché. Rien que ça.
Imaginez Platts comme l’arbitre des prix du pétrole. Leurs prix de référence (« Platts benchmarks ») sont utilisés dans toute l’industrie comme base pour fixer les prix des contrats physiques et financiers. Quand vous entendez parler du prix du pétrole, il y a de fortes chances que Platts soit dans les parages. Leur processus phare, le « Market-on-Close » (MOC), est la méthode utilisée par leurs experts pour évaluer les prix du gaz naturel liquéfié (GNL). C’est un peu comme la bourse, mais pour les matières premières, et avec des experts pointus qui décortiquent chaque information.
Comment ça marche, concrètement, ce « pricing process » de Platts ?
C’est un mélange de collecte de données, d’intelligence de marché et d’intuition d’expert. Des acheteurs et vendeurs (souvent des traders) soumettent des offres et des transactions à Platts. Les experts de Platts analysent ensuite tout ça pour déterminer un prix de référence de fin de journée pour le pétrole brut, les produits pétroliers et les swaps (comme l’essence). Ils suivent l’évolution des prix tout au long de la journée et utilisent toutes ces données pour leur évaluation. Rien n’est laissé au hasard.
Qui utilise Platts ?
Tout le monde dans le secteur ! Traders, analystes, gestionnaires de risques, acheteurs… Plus de 10 000 organisations publiques et privées dans plus de 150 pays utilisent les services de Platts. C’est dire l’importance de la bête.
Un peu d’histoire ?
Platts a été fondé en 1909 à Cleveland, Ohio, par le journaliste Warren C. Platt, qui a lancé un magazine mensuel, le « National Petroleum News » (NPN). La société a changé de nom plusieurs fois : Platts (1923–2000), S&P Global Platts (2000–2022), et maintenant, c’est intégré à S&P Global Commodity Insights. Le siège social est à Londres, et le président actuel est Saugata Saha. Les principaux concurrents de Platts sont Argus Media, Preqin et Sparta. La compétition est rude dans le monde de l’information sur les matières premières !
Le « Platts Price », c’est quoi ? Et le MOPS ?
« Platts Price », c’est tout simplement le prix de référence publié par Platts pour un produit donné, dans un port spécifique. Par exemple, le prix moyen du fuel de soute à Rotterdam. C’est une base de prix cruciale pour les contrats. Quant au MOPS (« Mean of Platts Singapore »), c’est un mécanisme de contrat qui utilise la moyenne des évaluations de prix du pétrole à Singapour publiées par Platts. Encore Platts, toujours Platts !
III. L’amendement Platt : Le « Platt » politique qui a marqué Cuba
Changement de décor radical. On quitte les marchés pétroliers pour la politique internationale, direction Cuba au début du 20ème siècle. L’amendement Platt, du nom du sénateur américain Orville H. Platt, est un texte législatif adopté en 1901 qui a eu un impact majeur sur l’histoire de Cuba. Et les Cubains ne l’ont pas vraiment apprécié, c’est le moins qu’on puisse dire.
De quoi s’agit-il ?
L’amendement Platt a été annexé à la Constitution cubaine, imposé par les États-Unis après la guerre hispano-américaine. En gros, il donnait aux États-Unis le droit d’intervenir dans les affaires cubaines pour garantir un gouvernement stable et protéger les intérêts américains. Sympa, non ? Pour les Américains, peut-être. Pour les Cubains, c’était une atteinte à leur souveraineté.
Les dispositions de l’amendement Platt, en détail :
- Droit d’intervention des États-Unis à Cuba pour défendre l’indépendance cubaine et maintenir un gouvernement qui protège « la vie, la propriété et la liberté individuelle ». Formulation volontairement vague et ouverte à interprétation.
- Interdiction pour Cuba de conclure des accords avec d’autres pays qui pourraient compromettre son indépendance ou permettre à des puissances étrangères d’utiliser l’île à des fins militaires. Cuba devait demander l’autorisation à Washington avant de signer des traités…
- Obligation pour Cuba de louer des terres aux États-Unis pour des stations navales et de charbonnage. C’est comme ça que les États-Unis ont obtenu la base navale de Guantanamo Bay, toujours en activité aujourd’hui.
Pourquoi les Cubains détestaient cet amendement ?
Imaginez, vous venez de gagner votre indépendance après des années de lutte, et un voisin puissant vous impose des conditions qui limitent votre souveraineté. Frustration garantie. Les Cubains ont vu l’amendement Platt comme une ingérence directe dans leurs affaires, une humiliation nationale. Même si l’objectif affiché était la stabilité, cet amendement donnait un levier énorme aux États-Unis sur la politique cubaine. Et puis, Guantanamo… difficile à avaler. Il y a eu des manifestations massives à Cuba contre ces conditions imposées par les États-Unis.
Contexte historique ?
L’amendement Platt s’inscrit dans la continuité de la doctrine Monroe (1823), qui affirmait la prééminence des États-Unis sur le continent américain et interdisait aux puissances européennes de coloniser davantage la région. Le président américain de l’époque, Theodore Roosevelt, soutenait la politique de son prédécesseur envers Cuba. La guerre hispano-américaine (1898) avait déjà donné aux États-Unis le contrôle de Porto Rico, de Guam et des Philippines, et avait octroyé l’indépendance à Cuba, mais sous influence américaine. L’amendement Teller, adopté juste avant la guerre, avait initialement promis que les États-Unis n’annexeraient pas Cuba après le conflit. Promesse non tenue, en quelque sorte, avec l’amendement Platt.
IV. Et les Philippines dans tout ça ? Et Porto Rico ? Petites digressions historiques
Puisqu’on parle de la guerre hispano-américaine et des ambitions américaines de l’époque, petit détour par les Philippines et Porto Rico.
Les Philippines ? On vous les donne ! (ou presque)
Après avoir pris le contrôle des Philippines à l’Espagne pendant la guerre, les États-Unis ont finalement renoncé à l’archipel, principalement après la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs raisons à cela : les destructions massives causées par la guerre, la montée du sentiment anti-impérialiste aux États-Unis, et la volonté de se concentrer sur la reconstruction d’après-guerre et la stabilité mondiale. Sans oublier le coût de la gestion d’une colonie aussi éloignée.
Porto Rico ? On garde ! (stratégiquement parlant)
Porto Rico, en revanche, c’était une autre histoire. L’île avait une valeur stratégique importante pour les États-Unis à la fin du 19ème siècle, tant sur le plan économique que militaire. C’était un débouché pour les produits manufacturés américains et une base navale clé dans les Caraïbes. Aujourd’hui encore, Porto Rico est un territoire non incorporé des États-Unis.
V. Le « Plat » du géomètre : Quand « Platt » devient plan cadastral
Retour à la platitude littérale. En arpentage, un « plat » (sans « t » final, cette fois) est une carte qui réglemente l’emplacement des limites de propriété. C’est le document juridique qui définit précisément les contours de chaque parcelle. C’est plus qu’une simple carte, c’est un acte de propriété visuel.
Un « plat » inclut souvent l’emplacement des routes, des services publics, des systèmes de drainage, des lacs, etc. C’est un peu le mode d’emploi de votre terrain, avec toutes les règles du jeu. Ça peut paraître rébarbatif, mais c’est essentiel pour éviter les conflits de voisinage et savoir exactement ce qui vous appartient (et ce qui ne vous appartient pas).
VI. « Platt » sous toutes ses coutures : Autres significations et curiosités
On a fait le tour des principaux « Platt/Plat », mais il y a encore quelques pépites à dénicher :
- Plat (Bible): Dans la Bible, « plat » ne désigne pas une assiette, mais une tablette ou une plaque de métal. Par exemple, la « tsits », une plaque d’or sur le devant de la mitre du grand prêtre. Moins appétissant qu’une assiette de lasagnes, certes.
- Platt (allemand): En allemand, « platt » peut signifier « plat » ou « ébahis ». Mais c’est aussi une abréviation de « Plattdeutsch », le bas-allemand. Polyvalence quand tu nous tiens.
- Plait (coiffure): Attention, orthographe différente ! « Plait » (avec un « i ») signifie « tresse » en anglais. « Plait hair », c’est tresser les cheveux. Rien à voir avec le pétrole ou la politique, mais toujours utile à savoir.
- Lemon Platt: Mentionné dans « Ulysse » de James Joyce, le « lemon platt » est une confiserie faite de bâtonnets tressés de sucre d’orge au citron. Une douceur littéraire.
- PLET et PLEM: Acronymes techniques du secteur pétrolier. PLET (« Pipeline End Termination ») et PLEM (« Pipeline End Manifold ») désignent des systèmes de terminaison de pipeline sous-marin. Retour au pétrole, la boucle est bouclée.
- Flet: Encore un homophone ! « Flet » est un framework Python pour créer des applications web, mobiles et desktop en temps réel, en utilisant Flutter pour l’interface utilisateur. Pour ceux qui préfèrent le code à la géopolitique.
Voilà, vous savez (presque) tout sur « Platt ». Un mot aux multiples facettes, témoin de l’histoire, de la géographie, de l’économie et même de la culture. La prochaine fois que vous entendrez « Platt », vous saurez de quoi il s’agit… ou au moins, vous aurez l’embarras du choix quant à l’interprétation !